Du silence !

Publié le par SAM

Tais-toi, ferme ta bouche, ferme-la, ta gueule!

Comment te dire plus clairement que je souhaite du silence? Faut-il que je parle chinois, pakistanais pour que s'impose le silence? Je pourrais bien m'exprimer dans toutes les langues, les patois, les dialectes du monde que tu ne m'écouterais pas.

Je n'ai pas peur, moi, de l'entendre ce silence et toutes mes pensées qui risquent d'en découler. Malgré toutes mes angoisses, je reste de marbre devant ce qui est Moi. A force de laisser mon esprit divaguer, je me connais et je sais comment je fonctionne. De ça, tu ne peux pas t'en vanter.

J'aime être couchée au chaud, dans le noir et n'entendre rien qui vienne de toi. Comme le félin, je guette le moindre petit bruit de la maison qui m'entoure: les murs qui craquent, l'eau qui s'écoule dans les radiateurs et les bruits qui me parviennent du dehors aussi, les chants des oiseaux, les cris des enfants qui jouent. Et je me délecte de tout cela.

Mais qu'entends-je? Ta voix virile trop grave à mon oreille. Alors, mes nerfs se crispent, en attente d'un autre son de ta part. Tout mon être se tend et voudrait exploser dans un cri. Je me lève et je t'envoie mon chausson en pleine tête. Mon désir de silence ne connaît ni la pitié, ni la clémence.Je le défendrai quoiqu'il m'en coûte. Là, c'est mon espace vital que tu bafoues. Et ce droit là, personne ne l'a sauf moi. Et encore, moi je le respecte maintenant que je suis son ami. 

Je peux bien te laisser faire l'amour à mon corps.Il n'est que ma coquille.Estime-toi heureux, même je ne te donne qu'une infime partie de ce que je suis. Puisque même lorsque je gémis, ce n'est que du plaisir que je m'accorde, de temps en temps, comme un répit.

Toi, tu bouches tes yeux, ton ouïe au silence qui t'entoure. Tu parles à d'autres que tu ne vois pas tout ça pour une guerre virtuelle. Et c'est un drame lorsque tu meurs. Une chance que tu peux te relever à l'infini sinon je n'ose même pas imaginer les hurlements qu'il faudrait que mes oreilles endurent. Difficile par contre de communiquer avec un être de chair et de sang et parler tout simplement de notions certes passées de modes telles que la Vie, la Mort, l'Amour, Dieu...mais qui existent depuis la nuit des temps et qui perdureront bien après nous. Tu risquerais de laisser s'échapper les pensées que tu tentes si bien de cacher.

Puisque tu préfères le silence à la parole quand je suis près de toi, permets-moi de monter me reposer et de savourer ce silence toute seule, en égoïste.

Je me mets véritablement à nu, laissant choir le carré de soie à mes pieds, lorsque je te laisse pénétrer les ténèbres de mon cerveau. Peut-être que certaines de mes pensées te choquent. Tant pis, il faudra t’y faire.Tu n'as qu'à te dire qu'elles ne sont que de disgracieuses cicatrices qu'une vilaine égratignure m'aurait laissées là, sur le genou gauche.


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Publié dans Epistolaires

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N
Très drôle! Je viens juste de poster mon commentaire et je lis celui déjà déposé. Ouah, en lisant je me dis j'aurais pu écrire la même chose au mot près, qui est cette personne qui me ressemble tant?Normal, c'était moi...Sam, c'est un texte qui serait parfait pour Territoires intimes. Allez, biz
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N
Trés fort... Ce texte fait profondément écho en moi. Parfois le tumulte des autres est une violence inimaginable pour ceux qui n'en souffrent pas, un véritable viol de l'intimité, un envahissement de l'espace qui peut couper le souffle et donner envie d'hurler. D'autant plus, peut-être, quand il témoigne chez l'autre d'une fuite hors de soi... J'ai fini par comprendre qu'une bonne part de mon sale caractère et de mes éclats de violence étaient une réaction viscérale (et plutôt saine malgré tout) à ce terrible sentiment d'être dépossédée de ma souveraineté, de devenir un territoire abusivement occupé...
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N
<br /> Rebond !<br />  <br /> Au cours d’une retraite, tu trouves la clé de ton mauvais caractère, de ton irritabilité récurrente depuis l’enfance : le besoin fondamental de silence. Quelques heures de silence monastique et déjà tu baignes dans la paix, comme un poisson dans l’eau, tu retrouves, bouleversée de gratitude, ton élément – vital, nourricier, protecteur – ton souffle, ton espace sacré, ta relation à toi-même, ce qui t’appartient en propre…<br />  <br /> Tant de brouillages autour de toi, qui parasitent l’écoute et la communication intérieure. Du brouhaha incessant au vacarme assourdissant - radio, télé, va et vient, remue-ménage, voix trop fortes, klaxons, mobylettes, bruits de machines, électriques, mécaniques, inhumaines… Et que dire de l’agitation perpétuelle des esprits et des cœurs ? De tout ce qui voyage d’inconscient à inconscient - images, émotions, pensées qui te traversent mais ne sont pas à toi ? Et c’est l’envahissement, l’overdose, la révolte. " On ne s’entend plus penser, pitié, au secours, la paix ! ! ! "<br />  <br /> Et plus tu es sensible, plus tu ressens, plus tu captes et plus tu souffres. On investit et on pollue ton espace vital, dehors et dedans. Comment s’y retrouver dans cette cacophonie ? Comment faire pour avoir bon caractère, ma mère ?<br />  <br /> Tu trouves l’apaisement dans l’isolement, le calme, le retour vers soi. Quel travail de titan de trier et d’éliminer tout ce qui n’est pas à toi, qui ne te sert pas, qui ne te plaît pas ! Mais alors, imagine, ta maison se libère, s’éclaire, s’allège. Tu n’as peut-être plus grand-chose mais cela t’appartient, tu le reconnais comme tien - tu es bien, tu respires, tu te sens, tu t’invites, tu te rencontres, tu te parles, tu te comprends, te consoles, te guides, t’encourages, tu commences à t’aimer… C’est gagné ! ! ! ! !<br /> nature<br />
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