Marie-Sabine Roger - La tête en friche

Publié le par SAM

Bienvenue du côté de chez SAM.

 

Pour finir l’année dans la joie et la bonne humeur, voici un roman humoristique « La tête en friche » de Marie-Sabine Roger.

 

Germain, 45 ans, 1m89, 110 kg est un homme simplet qui passe sont temps à mesurer le tronc des arbres entre ses mains pour surveiller la déforestation, à s’entraîner à courir et à tirer les canettes au pistolet à plomb au cas où il y aurait un attentat, à inscrire son nom sur le monument aux morts de sa ville…

 

Un jour, au parc, il rencontre Margueritte, une petite vieille de 86 ans qui, elle aussi, compte les pigeons. Germain raconte : « Elle parlait de façon compliquée, tout en guirlandes et poils de cul, comme les gens bien élevés. »

Il remarque aussi que «…les vieux sont souvent plus polis que les jeunes. C’est drôle : en disant ça je pense aux galets des rivières qui sont parfaitement polis eux-mêmes, et parce qu’ils sont vieux, justement. »

 

Petit à petit, une relation amicale va naître entre ces deux personnages atypiques. « L’affection, ça grandit sous cape, ça prend racine malgré soi et puis ça envahit pire que du chiendent. Ensuite c’est trop tard : le cœur, on ne peut pas le passer au Roundup pour lui désherber la tendresse. »

Il trouve aussi que la vie de Margueritte « doit avoir un goût de confiture, pour lui mettre la faim à ce point dans les yeux. »

 

Margueritte propose à Germain de lui lire des livres. Pour expliquer ce qu’il a ressenti il dit : « Elle m’avait chopé par les oreilles, comme on fait avec les lapins. » Pour la remercier, il lui donne un chat sculpté dans du bois de pommier. A son tour, elle lui offre un dictionnaire. Selon elle : « Un dictionnaire, ce n’est pas un simple livre. C’est bien plus que cela. C’est un labyrinthe…Un extraordinaire labyrinthe, où l’on se perd avec bonheur. »

 

Le roman s’intitule « La tête en friche » car le protagoniste se définit lui-même d’inculte. Comment construire une bonne image de soi quand on passe son enfance à être traité d’« imbécile heureux » par sa mère et à supporter les observations vaseuses de son prof : « Allons Châzes, on oublie ses phrâses ? » ou « Eh bien, Châzes ? On manque de bâse ? » Pour finir par : « Décidément, mon pauvre Châzes, je crois bien qu’il vous manque une câse ! » ? En tout cas, Germain a bien compris que les gens, c’est comme la terre : « c’est pas parce qu’on est inculte qu’on est pas cultivable. Il suffit de tomber sur un bon jardinier. »

Il faut croire que c’est Margueritte qui jouera ce rôle auprès de lui.

 

Dès l’incipit, le ton est donné : « J’ai décidé d’adopter Margueritte. Elle va bientôt fêter des 86 ans, il valait mieux pas trop attendre. Les vieux ont tendance à mourir. » Un roman utilisant le langage parlé, ce qui confère dynamisme et spontanéité au récit. Les deux personnages sont extrêmement attachants, l’histoire originale. On s’amuse bien à lire les pensées fulgurantes et parfois cochonnes de Germain.

Un roman léger en apparence dans lequel se cachent des réflexions profondes.

 

La semaine prochaine, nous terminerons cette rentrée littéraire avec le premier roman de Sacha Sperling « Mes illusions donnent sur la cour ».

En attendant, bonne lecture et Bonne Année.

 

 

Diffusé le lundi 28 décembre 2009 à 18h20, le mardi 29 à 8h45 et 16h20, le mercredi 30 à 14h45 et 23h45, le jeudi 31 à 11h45 et le vendredi 1er janvier 2010 à 9h20, le samedi 2 à 17h15 et le dimanche 3 janvier 2010 à 9h45 et 17h45 sur IS75.


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