Aujourd’hui premier mai, j’ai reçu un bouquet

Comme porte-bonheur, le modeste muguet.

Pour le garder longtemps, de l’eau fraîche et claire,

Pour le mettre en beauté, un soliflore en verre.

Entre l’herbage des grosses langues vertes

Se cache l’émail de fragiles clochettes,

Petits bonnets de nuit brodés de dentelles

Camouflant leur soie sous des draps de flanelle.

Une note suave s’échappe par bouffées

Dont le dièse épicé me chatouille le nez.

Sitôt le parfum frétille à mes narines

Que s’enfuient les volutes aventurines.

Je chercherai en vain à retrouver l’odeur

A l’affût des effluves tel un enquêteur.

Mais à jouer l’impudique, à persévérer

Les fleurs risquent de perdre leur virginité.

En ma mémoire, un souvenir tenace

De fragrance reste fidèle, pugnace.

S’il m’est encore donné de la rencontrer

Je sais qu’entre mille je la reconnaîtrai.

 

 


Par SAM - Publié dans : Poèmes
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