Je hume tes humeurs dans les brumes de ton cœur.
Secousses sous la housse,
Soubresauts de chevreau qui ne veut pas sortir.
Tu t’entêtes, ta tête sous la couette.
Caches tes taches de rousseur, ma sœur,
De ta frimousse de rousse.
Taches de sons, petit polisson qui fait le fanfaron,
Quand le temps est au sourire.
Tes pleurs dégoulinent dans les ravines de tes yeux,
Rivières de perles humides, feuillages d’un saule pleureur,
Seul, il pleure.
Tu épanches ton chagrin sur mon sein, attends un aveu,
La promesse d’un heureux lendemain.
Ma main caresse le satin soyeux de tes cheveux,
Mon souffle s’essouffle dans le voile où s’étiolent les étoiles.
Tu te redresses, avec souplesse, pour reprendre contenance,
Discipliner ta chevelure qui, féline, entame une danse.
Tu regardes ta figure, son reflet, les effets de tes larmes aiguisant ton charme,
Dans ce miroir aux moires mourantes.
Tes lèvres s’épanouissent, esquissent un croissant de lune,
Chassant la fièvre de ton infortune.
Tu passes du rire aux pleurs, aussi vif que le tranchant d’une lame,
M’étourdir aux balancements de tes humeurs.