Bienvenue du côté de chez SAM.
Les français ne sont pas les seuls à écrire de la poésie. Les mexicains, de part leur histoire mouvementée, ont eu maints occasions de mettre en mots leurs émotions. Claude Beausoleil s'est chargé de rassembler les poèmes les plus importants dans une anthologie « Un siècle de poésie mexicaine ».
En introduction, il revient sur un historique de la poésie mexicaine, de ses origines à aujourd'hui.
Dans une première partie, on trouve un panel de textes d'auteurs du début du XXème siècle, comme Octavio Paz :
« L'avant du commencement
Bruits confus, clarté incertaine.
Un autre jour commence.
C'est une chambre dans la pénombre
Et deux corps étendus.
Dans mon front je me perds
En une plaine désertée.
Maintenant les heures aiguisent leurs couteaux.
Mais à mon côté tu respires ;
Très aimée et éloignée
Tu coules et ne bouges pas.
Inaccessible si je te pense,
Te palpe avec les yeux,
Te regarde avec les mains.
Les rêves nous séparent
Et le sang nous réunit :
Nous sommes un fleuve de battements.
Sous tes paupières mûrit
La semence du soleil.
Le monde
N'est toujours pas réel,
Le temps doute :
Seule est certaine
La chaleur de ta peau.
Dans ta respiration j'écoute
La marée d'être,
La syllabe oubliée du Commencement. »
La seconde partie est consacrée aux contemporains tel Marco Antonio Campos :
« L'île
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L'eau se traîne dans la gorge du sable.
Les jours sont les mouettes qui se perdent.
Le soir se fit.
Tu pleuras dans le crépuscule
Et les hommes ne virent pas notre barque.
Ta voix, alors,
Etait un oiseau à la proue
Qui tombait vers l'océan, agonisant.
Je te dis que je t'aimais sans le savoir.
T'étonnai.
Te regardai comme un vent très lointain.
Te traînai par les nuits d'orage.
Te frappai dans mon squelette jusqu'à t'ensanglanter.
Et nous n'avons pas vu tomber l'aube. »
Les femmes ne sont pas en reste puisque la dernière partie leur rend hommage, comme à Adelaida Villela :
« Fissures de la vie
comme la lave humide le sang brillait
sur les marches
du temple
l'oiseau prédit
aujourd'hui les fissures déchiffrent leurs desseins
dans la vallée seul reste le blanc des saules
les fleurs ont été emportées
la fumée assombrit les volcans et la chaîne de
montagnes
les plumes du quetzal sont arquées derrière la vitrine
d'un musée
maintenant il n'y a ni aigles ni tigres
les greniers d'étoiles sont vides
la lave scintille
et des joues d'un masque de jade
coulent
des gouttes d'obsidienne »
Des poésies charnelles, qui puisent leurs mots à la source.
Diffusé le mercredi 22 à 8h15, 11h15 et 23h30, le vendredi 24 à 8h45, le samedi 25 à 10h15 et 17h50 et le dimanche 26 juillet 2009 à 19h45 sur IS75.
A réécouter en podcast ici :