Nous scrutons dans l’obscurité un mouvement,
A l’affût d’un bruit, d’une luminosité.
Les spectateurs participent en allumant
Des pétards pour amateurs artificiers.
Le ciel est noir, les gens se mettent à trépigner.
La musique de fond en diversion s’éteint.
Le spectacle va commencer, je suis parée,
La tête levée ; et mon souffle je retiens.
Un sifflement empli l’espace, un météore
Fuse vers la voûte en un fracas généreux
Pour nous offrir une fleur qui naît sous nos yeux.
Comme une gosse, j’en redemande encore.
Des boutons aux mille couleurs s’épanouissent
Sous le regard ému des petits et des grands.
Les enfants s’en étonnent et s’en réjouissent,
Les adultes retrouvent leur monde d’antan.
La foule applaudit à s’en échauffer les mains,
Des cris s’élèvent de l’assemblée en éveil,
Des « Oh ! » et des « Ah ! » redondants tel un refrain
Devant la profusion de tant de merveilles.
Des candélabres s’illuminent au plafond.
Les marguerites étalent leurs larges pétales,
La chevelure des saules pleureurs nous confond.
Des rosaces explosent en un bouquet final,
Nous reviendrons l’an prochain, cher feu d’artifice,
Pour que tu nous éblouisses de ta magie,
Je voudrais encore que tu nous ravisses.
Je m’éloigne le coeur gorgé de féerie.