Charles Baudelaire - Les fleurs du mal

Publié le par SAM

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A l'occasion du printemps des poètes qui se tient du 2 au 15 mars 2009 dans toute la France, pourquoi ne pas redécouvrir l'un des meilleurs poètes : Charles Baudelaire et ses Fleurs du mal.


L'édition proposée par Le livre de poche est sans doute la plus respectueuse de l'œuvre de Baudelaire, se voulant la plus proche de ce que souhaitait le poète.

Il faut savoir que Les Fleurs du mal ont connu 4 versions différentes.

La première, celle de 1857, présente 101 poèmes. Mais la condamnation pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs l'oblige à retirer 6 poèmes capitaux.

La suivante, en 1861, est composée de 126 poèmes agencés d'une manière qui trahit le désarroi de l'auteur.

La troisième, en 1866, nommée Les Epaves, est publiée à Bruxelles, hors de la juridiction française.

Puis, en 1866, les amis de Baudelaire publie, à titre posthume, une nouvelle version des Fleurs du mal de 151 poèmes.


Voici un poème rajouté à Spleen et Idéal, et qui a été chanté par Mylène Farmer dans son album « Ainsi soit je » sorti en 1988.


L'HORLOGE


Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,

Dont le doigt nous menace et nous dit : « Souviens-toi !

Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d'effroi

Se planteront bientôt comme dans une cible ;


Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon

Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse ;

Chaque instant te dévore un morceau du délice

A chaque homme accordé pour toute sa saison.


Trois mille six cent fois par heure, la Seconde

Chuchote : Souviens-toi ! - Rapide, avec sa voix

D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,

Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !


Remember ! Souviens-toi ! prodigue ! Esto memor !

( Mon gosier de métal parle toute les langues. )

Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues

Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or !


Souviens-toi que le Temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi,

Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !

Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.


Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,

Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,

Où le repentir même ( oh ! la dernière auberge ! )

Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! »




Diffusé le mercredi 11 mars à partir de 23h30, le samedi 14 mars vers 17h55 et le dimanche 15 mars 2009 vers 19h30 sur IS75.


A réécouter en podcast ici


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