Ça y est ! Il fait beau !
« Allez maman, on sort la piscine ! »
J’attendais avec appréhension cette demande. Mais il fallait bien que notre jardin se pare d’un décor estival. Quelle préparation ! Chercher la piscine, et depuis un an, on n’est même plus sûr de l’endroit où on l’a entreposée. La bâche pour mettre dessous. Le gonfleur.
Installer le tout, gonfler les trois boudins avec une pompe en plastique, on dirait un jouet d’enfant. Qu’elle tienne le coup et n’explose pas en cours de gonflette !
Je regarde avec joie le premier boudin s’emplir d’air. Ouf ! Ne manquerait plus qu’il y ait des fuites, sinon on serait bons pour courir les supermarchés à la recherche d’une piscine neuve ! Et quelle tristesse ce serait pour mon fils, lui qui observe chaque étape avec un intérêt non dissimulé.
La piscine est montée. Il faut encore y verser de l’eau.
On sort le tuyau d’arrosage que Justin tient au-dessus de la piscine. Il peut enfin participé et est tout fier de brandir l’embout d’où jaillit un ruisseau.
Il trépigne d’impatience face à la lenteur que met l’eau à envahir l’espace en bouée. Pour accélérer l’allure et qu’il puisse se baigner au plus vite, je rajoute des faitouts d’eau chaude.
— Bon, il y a assez d’eau, maintenant.
— Non, maman, il reste plus de la moitié.
Comment expliquer aux enfants que l’eau coûte chère et qu’il faut l’économiser, que certaines populations n’ont pas d’eau potable et que dans quelques années, il n’y en aura plus assez pour tout le monde ?
Comment gâcher l’enfance et des moments comme ceux-là, qui constitueront des souvenirs impérissables ?
Quand je repense aux chauds étés de mon enfance…les jeux dans l’eau, les plongeons, les pataugeages dans la piscine en ont construits les instants les plus merveilleux.
N’est-ce pas fantastique de voir un enfant s’extasier devant la magie de l’eau ?
Ça mouille, ça éclabousse, ça étincelle, ça fait des bulles, ça chatouille, c’est insaisissable entre les petits doigts !
Loin, très loin les considérations écologiques !
Je suis inquiète pour ma planète, et je fais de mon mieux pour ne pas gaspiller inutilement les ressources qu’elle nous offre si généreusement. Je m’interroge tout de même sur ces informations catastrophes qui circulent à tout va.
N’est-ce pas encore une stratégie brutale pour une prise de conscience ? Une façon de nous manipuler, de nous faire culpabiliser en utilisant cette chère pensée judéo-chrétienne tellement de mise dans nos pays occidentaux ?
Je ne peux pas demander à un enfant de 7 ans de porter le lourd fardeau des erreurs humaines alors que la plupart des adultes ne l’ont jamais endossé.
Il faut bien que jeunesse se fasse.
— Amuse-toi, Justin !
— La moitié d’eau, c’est mieux que rien.
— Oui, mon fils, tu as raison.
Et je le regarde jouer, épatée par déjà tant de maturité.