Dans mes cauchemars, tu me poursuis d’un couteau

L’arme blanche dressée telle un phallus d’acier.

Je suis celle à abattre, celle qui demande trop

Qu’il faut exterminer, à tout prix liquider.

 

Tu as bu, tu es ivre, je cours, tu me rattrapes

Dans ton regard haineux, j’y lis un grand mépris

Je tremble je pleure j’ai peur que tu me frappes

Pourquoi tant de haine ? dis-moi je t’en supplie !

 

Le coup entre en moi, je pousse un cri d’effroi :

Je me réveille, en sueur, mais bien vivante.

Les images collent à ma peau, la douleur à mon ventre

Tout cela n’est pas vrai, il ne faut pas que j’y croie

 

Je vais te traîner toute la journée

Comme le prisonnier et son boulet

Pour t’effacer, j’en appelle à la réalité…

 

Dans la réalité, tu n’es que lâcheté

Massacrant tes amis, dès qu’ils tournent le dos

Les transperçant du poignard de tes mots

Qui es-tu donc pour ainsi les juger ?

 

Moi aussi tu m’as punie d’être celle que je suis

T’attaquant à mes petits amis et à mes saines envies

Les fléchettes empoisonnées de tes réflexions

De leur venin ont noyé mon Moi en construction

 

Je ne retiens de toi que ces images-là

En espérant qu’un jour tu m’apparaisses autrement

Mais le souhaitès-je seulement ?

Car d’un père clivé, je ne veux pas.

 

Aujourd’hui sexagénaire, tu as fini ta vie

Te laissant porter par la neurasthénie

A pomper la mort dans tes cigarettes

Attendant que ton cœur essoufflé s’arrête

 

Mais ne compte pas sur moi pour t’avoir sur les bras

Car je les garde pour me serrer quand j’ai froid.

Par SAM - Publié dans : Poèmes
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