Je te croyais parti pour toujours
Tu étais simplement caché dans les replis de mon cœur
Tu t’étais éloigné de moi
Car tu savais que je n’étais pas prête
Que j’avais encore peur
Je préférais que tu sois inexistant plutôt que vivant
Je ne pouvais prendre le risque que tu sois massacré
Que tu me sois arraché
Je t’ai sacrifié sur l’autel de mes vieilles habitudes
Je pensais que le bonheur n’était pas pour moi
Que ce pouvoir que tu me conférais, je ne le méritais pas
J’ai décidé pour toi
Mais tu m’es revenu
Tu as attendu qu’un éclair de renouveau zèbre les ténèbres de ma vie
Qu’un tremblement, qu’un soubresaut secoue ma terre endormie
Pour t’immiscer jusqu’à moi
Jusque sous mes doigts
Qu’ils se tendent de nouveau vers la plume
Qu’ils frétillent à la rencontre des mots
Après avoir versé des larmes désespérées sur ton absence
Je pleure de joie
Louanges à toi, animus !
Tout ce que j’ai pu écrire est en latence
J’ai oublié
Pourtant, je me souviens de la puissance de cette volonté à trouver la justesse d’une impression
Faire battre son cœur en lui soufflant le mot qui est au plus près de son essence
Alors que les idées piétinent, attendant impatiemment leur tour
Mon animus,
Je suis une criminelle
J’ai voulu te tuer pour ne plus souffrir d’aimer
Pour couper le pied à cette prétention,
Détruire ce qui constitue mon être
Pour donner raison à mes détracteurs d’antan
Par mauvaises habitudes
Par médiocrité
Oui, je suis médiocre de ne pas accepter ce don qui m’a été alloué
Je n’y voyais que mégalomanie, narcissisme et folie
Je n’y voyais que manque d’humilité
Mais ainsi suis-je faite
Je dis ce que je pense
Je pense comme je respire
Je transmets pour aider et non par mesquinerie
Ce que je perçois comme une vérité
Qui n’est pas que ma vérité
Mais La vérité que les autres ne peuvent ou ne veulent voir
Et quand on me rejette d’en avoir trop dit
La punition est bien assez cruelle pour que j’y ajoute la mienne
Même en exprimant tout cela
Une petite voix murmure : « Tais-toi, garde pour toi ! »
Déjà je ressens l’inutilité de cette confession
Mes forces s’épuisent
Une vive excitation qui s’essouffle, s’amenuise
Dormir car toutes ces pensées me fatiguent
Retomber moellement dans la tranquille apathie
