Qui veulent sortir de leur cambuse
Respectivement coiffées d’une tiare, d’un diadème et d’une couronne
Elles prennent le large, en route pour Babylone !
« Zou » dit la première
En avisant une théière
« Que voilà un objet prometteur !...
Ça changera de mon véhicule à moteur »
Et elle s’en alla à toute allure
Les yeux tournées vers le futur
La deuxième est plus sereine
C’est ce qui arrive quand on porte un diadème
Nonchalamment elle se laisse flotter, dériver
Elle n’est pas pressée d’arriver
Ne dit-on pas que le véritable voyage
C’est de ne pas s’encombrer de bagages ?
La troisième se fait porter pâle
Pour une méduse, c’est original !
Un coup de vent sur sa couronne
L’a convaincue d’attendre l’automne*
La saison des feuilles mortes se présente accompagnée des deux méduses
Qui reviennent de leur périple fort confuses
La troisième, celle qui n’a pas bougé
Ne peut que remarquer leur air dépité
Elle les prie de lui conter la cause d’une telle mine
Vraiment, leur trogne l’abomine !
Et leur conseille alors de se cacher sous un drap
Afin de ne pas effrayer les baigneurs d’Étretat
Les deux méduses racontent que c’est déjà bien assez
D’avoir failli finir au bout d’un balai
Pour servir de minables serpillières
Alors qu’elles appartiennent à la famille des cnidaires ;
Pas question de porter la burka
Autant rester à la casbah
La troisième demande en remuant de son ombrelle,
– Car si l’huître a un QI de deux, les méduses sont des intellectuelles – :
« Les gens ne nous craignent-ils plus à Babylone,
N’est-ce donc qu’un mythe cette fameuse Gorgone ? »
On peut être méduse et fanfaronner coiffée d’une tiare
Pour pétrifier, vaut mieux une piqûre plutôt qu’un regard !
* le texte en italique n’est pas de moi.
