Sacha Sperling - Mes illusions donnent sur la cour

Publié le par SAM

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L’adolescence est un cap plus ou moins difficile à passer. Sacha Sperling, 18 ans, nous raconte, dans un roman dont il emprunte le titre à une chanson de Gainsbourg « Mes illusions donnent sur la cour », les 14 ans de Sacha Winter.

 

Le jeune garçon fait la connaissance d’Augustin qu’il ne quittera plus d’une semelle. Ils sont tellement unis qu’ils en viennent à partager la drogue, le sexe et l’ennui. Les notes de Sacha s’en ressentent et le redoublement de sa troisième est envisagé. Sa mère ne peut lui apporter aucune aide, étant totalement démissionnaire, préférant les voyages. Quant à son père, il ne vaut guère mieux, n’ayant jamais partagé son quotidien.

 

Mais Sacha sent qu’il a atteint ses limites, contrairement à Augustin qui n’en a aucune. Il voulait absolument connaître le point où tout disparaît. Il va en faire l’expérience.

 

Ce roman sur fond de sex, drugs and rock’n roll est très vite agaçant et répétitif surtout quand on comprend que cela concerne des ado de 13-14 ans. Cela paraît irréel et le récit serait plus approprié pour des personnages adultes. Toutefois, on ne peut que saluer la capacité de ce jeune auteur à percevoir d’une manière aiguë et particulière le monde qui l’entoure.

Déjà, on note, au début, cette phrase qui interpelle :

« La seule chose insupportable, c’est que rien n’est insupportable. »

Cette façon aussi de parler de son lien maternel :

« Un jour, j’ai arrêté de considérer ma mère comme ma mère. Je ne sais pas comment ça s’est fait. Ce jour-là, j’ai véritablement commencé à l’aimer. »

et de son rapport à Augustin quand il comprend que son ami fuit en fumant : « …comme je ne veux pas qu’il parte sans moi, je décide de fumer, moi aussi. »

Il évoque également la différence qui existe entre sa relation homosexuelle avec Augustin et celle qu’il entretient avec les filles, Clara notamment :

« Clara, je peux la posséder entièrement, sans pudeur et sans retenue. J’aime me sentir plus fort qu’elle, j’aime la plaquer contre moi. Et puis, cette relation se vit devant les autres, loin de la nuit dans laquelle nous nous réfugions, Augustin et moi. »

Sa mère qui assiste à sa déchéance veut qu’il aille voir un psy. Sacha raconte :

« Je suis allé voir beaucoup de psys dans ma vie, j’ai commencé tôt, à 4 ans. Je n’aime pas les psys. J’essaye toujours de devenir ami avec eux, je cherche de la compassion ou du mépris ou des réponses. Je crois q’un psy ne devrait avoir qu’un seul patient. Je n’aime pas l’idée de partager. Un psy, c’est comme une brosse à dent, ça ne se partage pas, question d’hygiène. »

On trouve également de la poésie dans sa façon de décrire Jane par exemple : « Son visage de belle grenouille, sublime bouche en nénuphar. Ses yeux ne sont plus verts, ils sont bleus, magiques, comme un cocktail sophistiqué. »

 

Les psy s’accordent à dire qu’il vaut mieux que la crise identitaire se fasse à l’adolescence plutôt qu’à l’âge adulte. On espère juste que les déboires traversés par Sacha ne sont pas une nécessité.

 

La semaine prochaine, nous partagerons la passion d’un personnage pour le film « la Guerre des boutons ».

En attendant, bonne lecture.

 

Diffusé le lundi 4 janvier 2010 à 18h20, le mardi 5 à 8h45 et 16h20, le mercredi 6 à 14h45 et 23h45, le jeudi 7 à 11h45 et le vendredi 8 à 9h20, le samedi 9 à 17h15 et le dimanche 10 janvier 2010 à 9h45 et 17h45 sur IS75.


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