Ils viennent me chercher par un matin glacial
Où dans cette forêt souffle un froid hivernal.
Ils prennent soin de moi, n’osent pas me froisser
Guidant à travers bois leur précieux invité.
En guise de salut, brimbalent les grelots,
Dans un salon cossu, ils m’installent au chaud.
Tous tournent autour de moi, papillons de gaîté,
Toisant de haut en bas mon admirable effet.
Je suis un peu gêné, ils me traitent en seigneur
Moi qui n’aie apporter qu’une épineuse odeur.
Ils veulent m’habiller, que je sois le plus beau,
Il me faut pour briller, parer mes oripeaux.
Cravatant à mon cou des boas scintillants,
Ils couronnent le tout d’un chapeau élégant.
Boules à chaque bras, boutons de chemises,
De jets de falbala, on me vaporise.
C’est la grande fête, que dis-je, un festin
Qui me tourne la tête et me brise les reins.
Les mets se succèdent, les rires abondent,
L’euphorie m’excède, le sommeil m’inonde.
Au milieu de la nuit, me voilà réveillé
Par un charivari près de la cheminée.
Un bonhomme en rouge, la hotte sur le dos
Emerge de ce bouge en semant ses cadeaux.
Il dépose à mes pieds tout un tas de cubes
Je suis très étonné, presque je titube.
J’ai compris en un tour, ils sont pour les enfants
Qui dès le nouveau jour, arrivent en chahutant.
C’est une fanfare de papiers arrachés,
On se croit à la foire à un vide grenier.
Un amas de bolducs sous des doigts négligents,
Je ne suis pas caduc, mais bien plus résistant.
Les fêtes terminées, je me retrouve nu,
Les ornements rangés, je suis mis au rebut.
Je trône tel un roi, au centre de sa cour
Dans un jardin au froid, avec mes seuls atours.