Mon arrière-grand-mère est décédée dimanche. Elle était âgée de 95 ans. La cinquième génération de ma famille maternelle s’est éteinte.
Elle compte à son actif six enfants et cent petits, arrière et arrière-arrière-petits-enfants.
Comme dit ma mère : « C’est beau ! »
Ce le serait davantage si tout le monde se parlait. S’il n’y avait pas de jalousie, de trahisons. Mais ce ne serait sans doute plus, une famille.
D’ailleurs, en ce qui me concerne, je n’ai jamais été proche de ma bisaïeule. Elle a toujours eu ses préférences, et je n’en faisais pas partie. On est noyé sous le nombre. Avec le temps, on s’y habitue.
Ma grand-mère a rendu visite à sa mère trois jours avant son grand départ.
— Tu vas avoir un autre petit- enfant ! dit la vieille femme à sa fille.
— Non ! répond cette dernière, ou alors je ne suis pas au courant.
— Ah si ! Et c’est même un garçon, lui apprend-elle.
Bref, ma grand-mère n’a pas fait plus attention que cela à cette histoire. Elle a mis ces propos sur le compte de la vieillesse. « Elle perd la boule ! »
Entre temps, mon arrière-grand-mère meurt et sa fille apprend qu’effectivement un de mes cousins va avoir un bébé et que ce sera un fils.
Apparemment, personne n’avait prévenu notre ancêtre à sa maison de retraite. Plusieurs d’entre nous en ont déduit qu’elle avait fait un rêve prémonitoire, et qu’elle avait dû prévoir le sexe de l’enfant à venir grâce aux lunes. Avec la date présumée de la naissance. C’était un don que tout le monde lui connaissait.
A cela ma mère a ajouté : « Ce n’est jamais bon quand une personne âgée rêve d’une naissance ! » Elle a toujours entendu dire cela.
Je ne sais pas trop quoi en penser. J’ai toujours entendu dire cela moi aussi !