Je m'allonge dans mon lit, dévêtue.
Jusqu’au menton, m’emmitoufle dans l’édredon.
L’oreiller ajusté, ma tête y tombe,
bulle de coton.
Au creux de l’abri douillet, au chaud, je suis toute aise.
Je me laisse bercer par les clapotis de l'eau contre la vitre.
Plic plac ploc!
Averse de mars, gouttes régulières, aux sons desquelles je puise mon rythme.
Ma respiration, plus lente et plus profonde,
m'attire vers une relaxation bienfaisante.
Mes yeux se ferment, paupières voilant les quelques rais de lumière
parvenant encore du dehors.
Le bruit des gouttelettes s'unifie en un bourdonnement lointain.
Mes mains se détendent laissant s'entrouvrir mes doigts
qui viennent se reposer contre le drap toujours frais.
Telle une feuille d'automne privée de la sève salvatrice se balance,
hésitante pour s’échouer enfin sur le sol humide.
Les muscles relâchés, mes membres lourds s’enfoncent dans le matelas.
Engourdis, ils ne répondent plus à mes dernières volontés de mouvement.
De petits frissons m'envahissent, parcourant chaque parcelle de mon corps.
Je me recroqueville sur moi-même dans un ultime effort
comme une pauvre petite bête apeurée.
La conscience de ce qui m'entoure s'éloigne
semblable à un bateau emporté par le courant.
D’ailleurs, je ne puis plus penser à rien.
Déjà je dors.