Le rouge est ma couleur préférée et ce, depuis l’adolescence. Lorsque les goûts s’affirment.

J’ai une nette attirance pour la version franche et vive, lorsqu’elle ne tire pas vers l’orangé comme le vermillon, ni vers le rosé comme le nacarat, ou encore vers le marron telle l’amarante.

Non, j’aime le ponceau. La garance. L’écarlate.

 

Quelle qu’en soit la nuance, elle a toujours ornementé les habits de rois, d’empereurs, d’hommes d’églises et de soldats, symbole d’une élite.

Mais ce n’est pas pour cette raison qu’elle me plaît.

 

Elle représente avant tout la passion et cela traduit on ne peut mieux mon caractère. D’ailleurs, cette couleur me va au teint. Seulement les vêtements, car en ce qui concerne le maquillage, rouge à lèvres ou vernis à ongles, elle est trop agressive pour ma peau de blonde.

 

Dans la nature, elle se décline sous les formes les plus appétissantes, pour le plaisir de mes papilles : fraises, framboises, groseilles, cerises, tomates, que je croque goulûment à me teindre les lèvres et la langue du jus qui dégouline le long de mon menton.

Pour le ravissement de mes yeux aussi, lorsque l’hiver m’offre ses boules de houx sur de belles feuilles vertes et piquantes; et l’été, les fragiles pétales d’un coquelicot que je ne cueille pas, que je laisse au bord des routes pour agrémenter nos voyages.

 

Cette couleur constitue un remède à elle seule. On soigne d’ailleurs certaines personnes par la chromothérapie.

Elle me revivifie, moi qui ai tendance à sombrer de façon chronique dans la dépression. Elle émoustille mes sens, tonifie mon système nerveux, stimule ma force créatrice.

Attise mon feu intérieur lorsqu’il est tout prêt de s’éteindre. Ne la classe-t-on pas parmi les couleurs chaudes ?

 

Très foncée, elle exprime la colère, sentiment qui est le mien lorsqu’on me manque de respect ou que l’injustice me révolte. De flamboyant, elle vire au « rouge de Mars ». Craignez son courroux !

 

Cette teinte correspond également au premier chakra, celui de nos racines, de notre ancrage à la terre, et celui de la relation à notre mère.

Lorsque l’on connaît les rapports que j’entretiens avec la mienne, on comprend mieux ma fascination pour ce pigment.

Peut-être qu’elle comble mes manques d’enfant et me préserve de la maladie, en m’assurant la joie, la santé ; en m’apportant le triomphe qu’elle déroulerait sur un tapis jusqu’à mes pieds.

 


Par SAM - Publié dans : Textes courts
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