« Vivement que ma fille finisse son année scolaire » est une petite rengaine que j’aime souvent à répéter depuis que Andréa est entrée en troisième section de maternelle. En septembre prochain, elle changera, et d’établissement, et de maîtresse. Maigre consolation au fond, puisque je sais que c’est tout le système qui est pourri et que les inquiétudes seront les mêmes, voire proportionnelles à la taille de nos enfants. Et comme ils ne font que grandir !

 

A ses trois ans, j’ai inscrit ma fille à l’école en pensant qu’elle y serait choyée, comprise, surveillée. Je me rends compte que j’ai été bien naïve. Le mot d’ordre est SOCIABILISATION, mais derrière ce noble mot se cache une vérité inacceptable pour les parents responsables que nous sommes. On devrait plutôt nous mettre devant le fait que plus tôt l’enfant s’en prendra plein la gueule, mieux il se défendra!

 

 Parfois, le soir Andréa se plaint que la partie intime de son anatomie la brûle. Mais que font les ATSEM (Assistante territoriale spécialisée en école maternelle) pourtant payées à s’occuper de l’hygiène des enfants et pas seulement pour découper des bouts de carton ?


Elles n’ont pas le temps d’essuyer chaque petites gouttes de pipi. Arrivés en seconde année de maternelle, les petits élèves sont maintenant assez grands pour le faire eux-même. On le leur rabâche suffisamment comme ça. Et je vous passe les détails en ce qui concerne l’état des fonds de culotte.

 

Un jour, un camarade de ma fille, le seul de sa classe à porter des lunettes, oublie de les retirer et de les poser sur le bureau de son maître comme il doit le faire avant chaque récréation. Il court, s’amuse jusqu’au moment où les montures tombent à terre et qu’un autre enfant roule dessus avec son vélo. Les verres sont juste rayés. L’assurance prendra en charge leur remboursement. Mais la maman de l’enfant, qu’entend-elle dire ? : «  Votre fils doit apprendre à être responsable de ses affaires. »

Comment peut-on l’être à 4 ans alors qu’à l’âge adulte nous ne le sommes pas toujours ?

 

Une autre fois, Andréa rentre de l’école, et je la vois jouer avec une punaise. Donc, je cherche à savoir la provenance de l’objet. Elle m’explique qu’avec ses petites copines, elles en ont chipé dans le bureau de leur maître pendant qu’il était absent. J’en parle donc à ce dernier qui me dit : « Il faudra que je fasse attention car parfois je laisse mon cutter ouvert sur le bureau ! » Je me suis tue pour ne pas être traitée de « mère-poule » et j’ai repris le chemin de la maison en chassant tant bien que mal l’angoisse qui m’assaillait.

 

Récemment, ma fille m’a demandé de lui écrire son prénom en lettres cursives, plus communément appelée l’écriture en attachée. Spontanément, je le lui ai montré, mais bien vite la question de savoir si cela était bon pour elle s’est interposée. Avec raison, puisque la maîtresse à qui Andréa  avait fièrement  raconté son apprentissage a insisté sur le fait que cela était trop dur pour moi.

 

Alors, vous culpabilisez en vous demandant si cet enfant que vous avez porté neuf mois durant au creux de vos entrailles est vraiment le vôtre. Et si vous spécifiez bien : « Mais je suis sa mère ! », on n’oubliera pas de vous préciser : « Mais ici ce n’est pas vous qui commandez ! »

 

N’empêche, chaque fois que votre enfant retrouve son foyer, ce n’est plus votre chérubin d’antan mais un petit démon qui vous fait face. Même si les enfants actuels sont plus débrouillards que ceux d’il y a vingt ans, je reste persuadée que ceci reste la résultante de  toutes ces façons de procéder. On en demande trop à nos progénitures, tandis que les « psy » nous imposent de les laisser aller à leur propre rythme.

 

A quand la liste de ce qui nous est permit, en tant que parent, de dire et de faire à la chair de notre chair ?


Par SAM - Publié dans : Articles
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