La marquise sortit à cinq heures. Juchée sur une palette en bois, deux hommes la soulevaient. Elle pesait si
lourd qu’ils avaient du mal à la maintenir en hauteur. Après être parvenus, non sans effort, à sortir du bâtiment, ils l’auraient volontiers posée sur le trottoir afin de soulager les muscles de
leurs bras, mais un attroupement d’enfants se rua sur eux. Impossible donc de s’octroyer une pause, au risque de voir les garnements se jeter sur elle. Les deux hommes continuèrent leur route en
faisant attention à ne pas s’emmêler les pieds. Ils peinaient à synchroniser leurs mouvements. Avec le raffut de ces chenapans qui sautaient en tout sens et riaient à tue tête, les
recommandations de Jean, le premier à mener la marche, n’atteignaient pas les oreilles du second. Ce dernier ne put éviter la pierre qui lui barrait le passage : la chute fut inévitable.
Tous poussèrent des hurlements d’étonnement en assistant à l’envol époustouflant de la marquise. Consternation qui se mua aussitôt en acclamation lorsqu’ils léchèrent le chocolat du délicieux
dessert répandu sur l’assemblée.
Par SAM
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