Tout est calme et paisible, dehors le monde dort
Règne un silence mort, repos de cimetière
Où les bruits se taisent par respect, s’évaporent
D’une voilette-brume dont les tons s’altèrent.
Le sol est parsemé de taches de rousseur
Feuilles de chêne racornies et desséchées
Qui constituent un tombeau figé de stupeur
De la Terre en dormance, dans ses bras, repliée.
Les arbres dénudés de leurs robes de feuilles
Epouvantails déguenillés de leurs lambeaux
Squelettes supportant le voile de leur deuil
Elèvent dans le ciel gris leurs maigres flambeaux.
Mer sans vagues ni embrun a perdu sa vie
Un espace plus clair qui attriste les heures
Pas une ride, pas un rire, sur la page unie
Un lac dont le courant a déserté le cœur.
Le paysage s’est embelli de poudreuse
En ce matin l’hiver maquillé est si beau !
Si je le secoue comme les boules neigeuses
L’horizon s’évanouira-t-il sous les copeaux ?